Critique par Jean-Marie Moretti, Études, Novembre 1999

Jean Claude Ameisen
La Sculpture du vivant
Le suicide cellulaire ou la mort créatrice
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Seuil, 352 pages, 145 F.

Toute cellule, qu'elle soit d'origine bactérienne ou humaine, renferme dans ses gènes un mécanisme qui peut la tuer et un autre qui s'oppose au déclenchement du précédent, jusqu'à ce que la cellule reçoive de son environnement des signaux qui la condamnent. Tout au long de son existence, la mort cellulaire "sculpte" le corps des vivants. Celui-ci est le siège d'un combat féroce entre cellules: les unes en meurent, d'autres les remplacent. Cette notion de "suicide cellulaire" est récente. Elle permet d'envisager la biologie sous un jour nouveau, qu'il s'agisse du développement de l'embryon, des maladies, du vieillissement...
L'auteur est un spécialiste de cette question. Avec un talent pédagogique remarquable, grâce à des comparaisons, des analogies, des images, il sait mettre à la portée du profane les découvertes récentes en ce domaine, sans employer le vocabulaire technique de la génétique ou de la biochimie (ce que peut regretter le lecteur initié).
Un livre remarquable, qui donne à réfléchir, au delà du domaine purement scientifique, sur la vie et sur la mort.

Jean-Marie Moretti